Note d’intention

L’ordinateur est aujourd’hui un indispensable de l’activité du graphiste. Son travail est profondément marqué par la numérisation des ses outils et de ses techniques. Il est ainsi de notre responsabilité de nous questionner sur notre usage pouvant être parfois trop abusif de ces technologies. 

Il est évident que la question de l’équilibre entre numérique et analogique, souvent reléguée au second plan, revêt une importance dans le quotidien du designer graphique. Cette réflexion s’impose sur le plan créatif et technique, mais également sur celui de la santé, aussi bien mentale que physique, liée à une utilisation intensive de l’ordinateur. Il devient donc essentiel de nous interroger sur l’usage systématique des outils informatiques dans la création graphique. Comment concilier l’efficacité du numérique avec la spontanéité et la richesse des méthodes analogiques ? 

Ce questionnement nous amène également à évaluer les impacts physiques et psychologiques de cette omniprésence du numérique : fatigue oculaire, troubles musculo-squelettiques, mais aussi une potentielle déconnexion avec les matériaux tangibles et la réduction de la diversité des processus créatifs. Est-il possible que cette dépendance numérique limite l’expression artistique, appauvrissant certaines dimensions du travail du designer ? 

Enfin, nous devons nous demander comment envisager l’avenir du design graphique. Un retour en arrière semble impossible, mais peut-on imaginer un futur où l’ordinateur et le papier, le digital et l’analogique, coexisteraient de manière équilibrée, dans une démarche plus nuancée ? Ce possible équilibre ne se résumerait pas seulement à un choix entre deux outils, mais bien à une exploration des complémentarités entre tradition et modernité, nous amenant à redécouvrir «l’art de faire avec. »